2. Voyage au coeur de la guérison
C’était en novembre 2023 — une première rencontre avec les Philippines, comme une porte qui s’ouvrait sur l’inconnu.Je n’y voyageais pas seulement pour découvrir un pays, mais pour poursuivre un chemin intérieur, dans le prolongement de ma formation aux niveaux 3 et 4 sur la Guérison Spirituelle. Je sentais qu’il était essentiel pour moi de m’y rendre,là où les énergies se manifestaient avec une intensité plus profonde.Ce voyage n’avait rien d’ordinaire : il portait en lui la densité silencieuse des passages importants, ceux qui transforment sans bruit. C’était une traversée, presque une initiation, où chaque pas semblait répondre à un appel plus ancien que moi.La première semaine s’ouvrait comme un seuil. Elle alternait entre enseignements, pratiques et ces opérations psychiques reçues en fin de journée — une par chakra, comme autant de portes à franchir, une à une.L’intention était claire, presque sacrée : délier les nœuds anciens, nettoyer les empreintes karmiques inscrites dans l’Ame, libérer ce qui entrave — qu’on en ait conscience ou non.Le premier soin, consacré au chakra racine, ne dura que quelques minutes. Sur l’instant, rien. Aucun frisson, aucun signe. Juste le calme. On nous conseillait de nous reposer pour laisser les énergies infuser. Alors, même sans fatigue,je m’allongeais. Et puis, au bout d’une trentaine de minutes, tout a cédé. Les larmes sont venues, profondes, irrépressibles.Des sanglots anciens, retenus trop longtemps. C’est là que le sens s’est imposé à moi : le chakra racine — lien avecla Terre, la Mère, l’ancrage… et le deuil. Peu à peu, tout devenait limpide. Ce qui se libérait en moi, c’était la douleur dema mère, partie six mois plus tôt. Et, dans ce relâchement soudain, dans cette vague qui me traversait, je touchais enfin à une forme de libération — celle-là même qui m’avait conduite jusqu’ici, sans que je le sache vraiment.Lors d’un soin, j’ai ressenti quelque chose se dissoudre dans mon ventre, puis ressortir par mon dos — commeune matière invisible en mouvement. J’avais la sensation qu’une densité avait traversé la table de soin. En descendant, presque instinctivement, je me suis penchée pour regarder sous la table, comme si des traces pouvaient encore en subsister. À chaque soin, quelque chose s’ouvrait, se dévoilait en miroir de ma vie présente, comme si chaque chakra racontait une part de mon histoire que je n’avais pas encore su voir. Peu à peu, l’invisible prenait forme. Ce qui était enfoui remontait à la surface — des prises de conscience, des libérations, des détachements silencieux. Les émotions, autrefois denses, devenaient plus fluides, plus douces, comme allégées de leur poids ancien. Un mouvement subtil s’opérait en moi, au cœur de mes corps énergétiques, imperceptible au début, puis de plus en plus évident.Et bientôt, je me sentis envahie d’une légèreté nouvelle. Une sensation presque irréelle — comme si je n’étais plustout à fait ancrée dans la pesanteur du monde, mais portée, suspendue… légère comme une plume dans le vent.Les journées s’écoulaient dans une intensité constante. Les matinées étaient denses, nourries d’enseignements théoriques qui venaient bousculer et élargir notre compréhension. Puis les après-midi s’ouvraient sur la pratique —des temps d’échange où nous devenions, à tour de rôle, canal et soutien pour les autres.Chaque soin était une exploration. Il révélait peu à peu notre manière unique de percevoir : sentir les tensions dansle corps, capter les charges émotionnelles, entrevoir les empreintes plus profondes, celles inscrites dans l’Ame.Rien n’était figé. Chacun avançait avec sa propre sensibilité, ses propres portes d’entrée, et nos pratiques se dessinaient au rythme de nos capacités.Parmi ces expériences, l’une reste gravée avec une netteté particulière.Alors que je recevais un soin, une pression s’est installée au centre de mon front, précise, presque tangible.Puis, comme surgie de l’intérieur, une ouverture s’est dessinée au niveau de mon troisième œil — une minuscule fenêtre,à peine deux centimètres de diamètre. À travers cette brèche, une lumière d’un bleu indigo profond s’est révélée.Une couleur vibrante, presque vivante, évoquant l’intensité du lapis-lazuli.Et puis, au-delà de cette teinte, quelque chose est apparu. Un espace. Comme un autre monde.J’y distinguais une forme de ville ancienne, des habitations simples, façonnées de terre… comme si, l’espace d’un instant, un fragment d’ailleurs m’avait été donné à voir.
Le Voyage de l’Ame
1. Fragments d’un éveil
En 2022, un ami évoque le nom d’un guérisseur spirituel venant des Philippines.Un nom inconnu — et pourtant, en moi, quelque chose s’éveille. Une résonance discrète, mais bien réelle.Les mois passent.Puis, en février 2023, sans trop savoir pourquoi, je décide de suivre les niveaux 1 et 2 de la formation sur la Guérison Spirituelle, à Paris. Trois jours intenses, rythmés par les enseignements, les pratiques et les soins donnés aux autres participants. Mais au-delà de tout cela, c’est surtout un appel intérieur que je suis.Un élan que je ne cherche plus à comprendre, seulement à écouter.Le dernier jour, l’énergie du groupe est palpable, presque vibrante. Le guérisseur propose alors une expériencesur deux volontaires. Avant même que le mental ne puisse intervenir, quelque chose me traverse. Un mouvement instinctif, irrépressible. Mon bras se lève, comme guidé par une force intérieure, pour me porter volontaire.Je ne sais pas encore ce qui m’attend… Mais je sens, avec une étrange certitude, qu’un seuil vient d’être franchi.Allongée sur la table, je me laisse guider. Respirer. Me détendre. Accueillir.Le guérisseur, plongé dans un état de conscience modifié, prend des forceps — une longue paire de ciseaux métalliques — qu’il insère délicatement dans chacune de mes narines. Le geste est précis. Il tourne, lentement.Un son résonne. « Crac… crac… ».À l’intérieur de ma tête, quelque chose cède. Comme un point de tension qui se dissout, un verrou qui lâche.Une sensation étrange, mais profondément marquante.Selon son enseignement, ce geste permettrait de décalcifier la glande pinéale, de libérer la circulation du prana, et d’activer plus intensément le troisième œil. Mais au-delà des explications, c’est ce que je ressens qui compte.Au fond de moi, une évidence s’installe : ces trois jours ne sont pas une simple formation. Ils marquent le débutd’un chemin. Un chemin intérieur, profond, exigeant peut-être… mais essentiel.Une porte venait de s’ouvrir ✨
Là où le temps se déchire
Après une semaine au bord de la mer, entourée d’un groupe avec lequel j’avais partagé rires, silences et émerveillements, le jour du départ arriva. Nous devions quitter l’hôtel à 10h, et je me préparais à tourner la page de ce séjour à Zambales.
Au moment de refermer la porte de ma chambre, j’accordai un dernier regard aux actualités sur mon téléphone. C’est alors qu’apparut une notification : une demande d’ami sur Facebook. Le visage d’un homme à la peau mate, accompagné d’un nom qui ne m’évoquait rien. Intriguée, mais pressée par le temps, je décidai de remettre cette découverte à plus tard. On m’attendait déjà pour prendre la route.
J’arrive devant le minibus et je choisis de m’installer à l’avant, près du chauffeur. Nous avons plusieurs heures de route avant d’arriver à Alaminos pour la suite de notre séjour. J’échange avec le chauffeur du mieux que je peux : mon anglais n’est pas très fluide, mais j’arrive tout de même à me faire comprendre. Nous faisons connaissance en parlant de mes origines, de la raison de notre voyage, de la culture locale et, bien sûr, de la cuisine du pays.
Le chauffeur conduit tranquillement en suivant son GPS, affiché sur son téléphone et qui est posé sur un socle collé au pare-brise. Il me demande alors si j’ai Facebook et s’il peut m’envoyer une demande d’amie, ce que j’accepte naturellement. Je lui explique que je n’ai pas de connexion téléphonique pour le moment, mais qu’une fois arrivée à l’hôtel, je validerai sa demande. Mon téléphone étant en mode avion, je lui montre tout de même ma page Facebook pour qu’il puisse saisir mon pseudo. Sous mes yeux, il saisit mon prénom et mon nom, puis m’envoie la demande d’amie. Je lui précise à nouveau que je l’accepterai dès que je serai arrivée à l’hôtel et que j’aurai accès à une connexion internet.
On roule paisiblement, échangeant et riant avec le groupe. Nous avons la chance de voyager avec un groupe restreint de sept personnes. Le chauffeur me fait le compte à rebours jusqu’à l’arrivée. « Il nous reste deux heures de route », dit-il en me racontant l’histoire des villes que nous traversons.
Puis, un peu plus tard : « Il nous reste une heure de route… ». « On arrive à Alaminos », dans la province de Pangasinan, à environ 250 km au nord‑ouest de Manille.
À cet instant, j’ai ressenti un profond basculement. Ce n’était pas le temps qui avait changé, je ne parle pas du ciel ou de la météo, mais de l’espace‑temps lui‑même. J’avais la sensation que tout se déroulait au ralenti dans le minibus, tandis qu’à travers la fenêtre, le monde extérieur semblait s’accélérer. Comme si je vivais dans deux dimensions à la fois, je percevais des synchronicités, des signes, des messages… Puis ce camion, entièrement bleu – d’un bleu intense – est arrivé en sens inverse. Un prénom y était inscrit, un prénom qui me marque encore aujourd’hui, tant il faisait écho aux expériences vécues les jours précédents.
À notre arrivée à l’hôtel, les synchronicités semblent se fondre dans la matière. Je prends alors conscience que nous sommes dans une ville christique, où la Trinité se manifeste pleinement.
Je me tiens devant la porte de ma chambre, comme si mon arrivée y était attendue, accueillie par ce tapis “Welcome”, à la chambre 303.
Je m’empresse de me connecter au réseau Wi‑Fi pour consulter mes messages et accéder à la demande de ce fameux conducteur. En ouvrant Facebook, je remarque qu’une seule demande est en attente : celle de la personne qui m’avait ajouté avant mon départ de l’hôtel à Zambales. En regardant la photo et le nom de plus près, je réalise avec étonnement qu’il s’agit du conducteur du minibus.
La demande d’ami reçue ce matin était donc en réalité, celle que le chauffeur m’avait envoyée l’après-midi…
Je prends conscience que l’espace et le temps ont la capacité de transcender une dimension pour en pénétrer une autre, et que la convergence de ces dimensions provoque une distorsion, altérant la perception humaine.
À cette période, je ne comprenais pas vraiment ce qui s’était produit, je savais seulement qu’il s’était passé quelque chose…
